{"id":569,"date":"2026-09-20T18:28:05","date_gmt":"2026-09-20T18:28:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fredericprat.com\/?page_id=569"},"modified":"2026-09-20T19:09:42","modified_gmt":"2026-09-20T19:09:42","slug":"de-la-possibilite-du-tableau","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.fredericprat.com\/?page_id=569","title":{"rendered":"De la possibilit\u00e9 du tableau"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fred Gusda &#8211; 2018<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 par apprendre le dessin, dire avec un trait, indiquer, transcrire, modifier. La premi\u00e8re fois que j\u2019ai pris les pinceaux devant une toile tendue la question de la n\u00e9cessit\u00e9 du dessin \u00e0 cet endroit s\u2019est pos\u00e9e\u00a0: quel dessin, quelles formes, pourquoi\u00a0\u00bb1. L\u2019essentiel des propos qui vont suivre le devra \u00e0 cette d\u00e9claration (ici) inaugurale de Fr\u00e9d\u00e9ric Prat, \u00e0 la question qu\u2019elle (me) pose, une fois encore, \u00e0 sa lecture, \u00e9tant bien entendu qu\u2019en l\u2019absence de tout tableau elle ne se poserait pas du tout. En toute rigueur, pourtant, c\u2019est bien l\u2019absence d\u2019un tableau qui implique qu\u2019elle se pose. Mais il faut d\u2019embl\u00e9e prendre garde \u00e0 ne pas confondre ces deux absences qui n\u2019ont rigoureusement rien de commun l\u2019une avec l\u2019autre. La premi\u00e8re, l\u2019absence de tout tableau, n\u2019est rien\u00a0: la simple inexistence du tableau, des tableaux, quels qu\u2019ils soient, pour celui qui s\u2019occupe d\u2019autre chose. L\u2019absence d\u2019un tableau, elle, concerne au premier chef celui qui s\u2019y adonne et elle est, au contraire, l\u2019\u00e9gale d\u2019une pr\u00e9sence\u00a0: celle d\u2019un vide\u00a0; et il ne saurait y avoir de vide compr\u00e9hensible autrement que selon la possibilit\u00e9 (ou l\u2019impossibilit\u00e9) de le combler, par l\u2019appel qu\u2019exerce cette (im)possibilit\u00e9, et par la tentative qui s\u2019ensuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 12 juin 1671, Philippe de Champaigne s\u2019adresse aux membres de l&rsquo;Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture. Le sujet de sa conf\u00e9rence est un tableau de Titien\u00a0: La Vierge, l&rsquo;Enfant-J\u00e9sus et saint-Jean-Baptiste2. Cette conf\u00e9rence, par les parti-pris qu\u2019elle d\u00e9fend, est connue pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le point de d\u00e9part de la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0querelle du coloris\u00a0\u00bb, dont on r\u00e9sumera (assez caricaturalement) les enjeux comme suit\u00a0: les partisans du dessin d\u2019un c\u00f4t\u00e9, ceux de la couleur de l\u2019autre\u00a0; Charles le Brun \u00e0 gauche (\u00ab\u00a0Tout l\u2019apanage de la couleur est de satisfaire les yeux, au lieu que le dessin satisfait l\u2019esprit\u00a0\u00bb3), Roger de Piles \u00e0 droite (\u00ab\u00a0D\u2019abord le Peintre \u00e9bauche son sujet par le moyen du dessin, et le finit ensuite par le coloris qui en jetant le vrai sur les objets dessin\u00e9s y jette en m\u00eame temps la perfection dont la Peinture est capable\u00a0\u00bb4)\u00a0; c\u00e9r\u00e9braux contre sensualistes\u00a0; donc Poussinistes contre Rub\u00e9nistes\u00a0; Ingres contre Delacroix\u00a0; bref Anciens contre Modernes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si on relit les mots de l\u2019artiste, tout d\u2019abord ceux qui co\u00efncident avec le moment inaugural de ses tableaux\u00a0: \u00ab\u00a0la premi\u00e8re fois que j\u2019ai pris les pinceaux devant une toile tendue la question de la n\u00e9cessit\u00e9 du dessin \u00e0 cet endroit s\u2019est pos\u00e9e\u00a0\u00bb, puis ceux, plus r\u00e9cents, qui annoncent que \u00ab\u00a0le dessin \u2014 dans le sens de dessiner ou pr\u00e9parer une forme \u2014 est exclu volontairement de [son] travail, tandis que la couleur et la mati\u00e8re occupent, elles, une place centrale\u00a0\u00bb5, on pourrait penser que les tableaux de Fr\u00e9d\u00e9ric Prat rejouent et perp\u00e9tuent, \u00e0 leur mani\u00e8re, cette tradition s\u00e9culaire, en faisant simplement volte-face \u00e0 quelques ann\u00e9es d\u2019intervalle. Il n\u2019en est rien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car dessin et peinture sont ici une seule et m\u00eame chose, la chose m\u00eame&nbsp;: le tableau. Et le tableau est pr\u00e9cis\u00e9ment le lieu o\u00f9 cette distinction s\u2019abolit, pour autant qu\u2019elle ait jamais eu lieu. Il faut suivre ici Fr\u00e9d\u00e9ric Prat \u00e0 la lettre&nbsp;: le dessin que son travail exclut, c\u2019est celui qui consisterait \u00e0 \u00ab&nbsp;pr\u00e9parer une forme&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire non pas \u00e0 dessiner, mais \u00e0 faire du dessin un outil pr\u00e9paratoire pour autre chose que lui-m\u00eame, chose qu\u2019il aurait pour fonction de repr\u00e9senter, de pr\u00e9senter \u00e0 sa place, et qui, une fois sa mission accomplie, dispara\u00eetrait donc comme dessin. La \u00ab&nbsp;n\u00e9cessit\u00e9 du dessin&nbsp;\u00bb, c\u2019est celle de sa r\u00e9alit\u00e9 la plus stricte et la plus compl\u00e8te. Celle qui, en l\u2019occurrence, interdit de faire comme si on pouvait n\u00e9gliger qu\u2019une forme, quelle qu\u2019elle soit, se donne aussi et en m\u00eame temps comme une couleur, et comme une mati\u00e8re. Non pas que ces derni\u00e8res l\u2019accompagnent de telle sorte qu\u2019on puisse les en s\u00e9parer si besoin, comme si la forme les avait acquises accidentellement, apr\u00e8s coup. Ce qui est accidentel et apr\u00e8s coup, c\u2019est justement notre capacit\u00e9 \u00e0 les distinguer (ou, pire encore, notre incapacit\u00e9 \u00e0 ne pas les distinguer).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela \u00e9tant pos\u00e9, venons-en \u00e0 l\u2019essentiel, qui est ceci\u00a0: \u00ab\u00a0donner \u00e0 voir la peinture de la fa\u00e7on la plus \u00e9vidente possible, pour que chacun ait le sentiment d\u2019avoir pu un instant l&rsquo;envisager comme telle, mais sans jamais l&rsquo;avoir fait\u00a0\u00bb. Proposition apparemment \u00e9trange, qui donne l\u2019impression de ne pas parler de tableaux ni de peinture, sinon par p\u00e9riphrases, \u00e9videntes donc inutiles. Sans doute. Mais \u00e0 condition de comprendre que la p\u00e9riphrase, pour qui prend la parole face aux tableaux, a fortiori pour l\u2019artiste lui-m\u00eame, n\u2019est pas seulement la seule modalit\u00e9 discursive s\u00e9rieuse, mais que c\u2019est aussi la seule possible. La p\u00e9riphrase a, en effet, la politesse d\u2019admettre qu\u2019elle ne veut ni ne peut parler \u00e0 la place du tableau qui, lui, se montre. C\u2019est pourquoi il s\u2019agit tr\u00e8s exactement, pour Fr\u00e9d\u00e9ric Prat, de \u00ab\u00a0donner \u00e0 voir la peinture de la fa\u00e7on la plus \u00e9vidente possible\u00a0\u00bb. Soit. Mais comment comprendre un tel projet\u00a0? Tr\u00e8s exactement comme le contraire d\u2019un projet, c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: non pas comme la r\u00e9alisation d\u2019un tableau possible parmi d\u2019autres, agencement plus ou moins calcul\u00e9 d\u2019un r\u00e9pertoire pr\u00e9alable de formes, de couleurs, de fonds disponibles, de gestes ma\u00eetris\u00e9s ou de leurs r\u00e9sultats d\u00e9j\u00e0 connus, mais comme la manifestation pure et simple de la propre possibilit\u00e9 du tableau lui-m\u00eame. Le possible, ici, n\u2019est pas un r\u00e9el en attente auquel il ne manquerait que l\u2019existence6 Il est \u00ab\u00a0ce qui advient incontestablement et publiquement dans l\u2019effectivit\u00e9 sans pourtant la moindre image pr\u00e9alable, la moindre essence concevable d\u2019avance, le moindre mod\u00e8le visible et donc la moindre attente pr\u00e9visible\u00a0\u00bb7.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est la raison pour laquelle, malgr\u00e9 les apparences, chaque tableau ne r\u00e9p\u00e8te qu\u2019une chose\u00a0: sa propre singularit\u00e9\u00a0; la possibilit\u00e9, remise en jeu \u00e0 chaque nouvelle toile, de laisser surgir son propre \u00e9v\u00e9nement. On objectera que tout cela n\u2019est que sp\u00e9culation excessive, et qu\u2019il y a tout de m\u00eame des invariants formels\u00a0: un ensemble de lignes, de couleurs, de traces, plus ou moins marqu\u00e9es, plus ou moins opaques, plus ou moins soign\u00e9es, plus ou moins \u00e9paisses, plus ou moins homog\u00e8nes, plus ou moins organis\u00e9es, etc. Certes. Mais non seulement aucun inventaire de ces formes ne sera jamais suffisamment pr\u00e9cis pour les d\u00e9crire parfaitement et permettre de se dispenser de leur pr\u00e9sence r\u00e9elle, mais leur pr\u00e9sence r\u00e9elle ne se laissera d\u00e9crire de la sorte que si elle dispara\u00eet (qu\u2019on fasse, pour s\u2019en rendre compte, l\u2019exp\u00e9rience avec n\u2019importe qui\u00a0: l\u2019ensemble des param\u00e8tres qu\u2019on accumulera pour \u00e9tablir le profil d\u2019une personne, aussi exact et pr\u00e9cis qu\u2019il puisse \u00eatre, ne co\u00efncidera pourtant jamais avec l\u2019individu en question, celui que je connais ou ne connais pas, que j\u2019aime ou que je d\u00e9teste, et dont la proximit\u00e9 imm\u00e9diate me stimule ou m\u2019ennuie\u00a0: il ne fera que le remplacer par une somme complexe d\u2019informations). Les \u0153uvres de Fr\u00e9d\u00e9ric Prat font toutes l\u2019exp\u00e9rience, me semble-t-il, d\u2019une telle \u00e9vidence. Rappelons en passant qu\u2019evidentia en latin se traduit par \u00ab\u00a0visibilit\u00e9, possibilit\u00e9 de voir\u00a0\u00bb8 et citons-le \u00e0 nouveau\u00a0: \u00ab\u00a0La pluralit\u00e9 des tableaux oblige \u00e0 penser la forme de chacun. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on pourrait s\u2019attendre \u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition due \u00e0 la r\u00e9duction des moyens se propose en fait un renouvellement, une ouverture de la possibilit\u00e9 de peindre et de voir l\u00e0 ou rien ne se montre\u00a0\u00bb. Rien, c\u2019est-\u00e0-dire rien d\u2019autre que le tableau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0\u00c0 cette \u00e9vidence, ajoute l\u2019artiste, est associ\u00e9e la difficult\u00e9 de la mise en \u0153uvre pour rendre r\u00e9elle, dans la dur\u00e9e, cette peinture en dehors de toute repr\u00e9sentation\u00a0\u00bb. Car cette \u00e9vidence, autre nom du r\u00e9el, du possible ou de la peinture dont le tableau est le site, court toujours le risque de s\u2019\u00e9vanouir pour basculer vers autre chose\u00a0: une forme qu\u2019on nomme, une pr\u00e9f\u00e9rence qu\u2019on d\u00e9fend, un projet qu\u2019on explique, un sujet qu\u2019on cherche, alors qu\u2019il ne s\u2019agit que de \u00ab\u00a0r\u00e9aliser une figure impossible de la peinture\u00a0\u00bb. Impossible veut dire impossible avant qu\u2019elle apparaisse, et \u00e0 quoi le tableau permet, \u00e0 chaque fois, d\u2019avoir lieu 9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une pr\u00e9cision pour terminer, et pour dissiper tout malentendu. Elle concerne les propos que je viens de tenir, et peut se formuler, \u00e0 peu de choses pr\u00e8s, de la m\u00eame mani\u00e8re que celle de Beckett \u00e0 l\u2019\u00e9gard des siens, dans le bref texte qu\u2019il consacra nagu\u00e8re aux fr\u00e8res Van Velde et \u00e0 leurs tableaux, \u00e0 savoir qu\u2019\u00ab\u00a0il n\u2019a \u00e9t\u00e9 question \u00e0 aucun moment de ce que font ces peintres, ou croient faire, ou veulent faire, mais uniquement de ce que je les vois faire\u00a0\u00bb10.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1 Fr\u00e9d\u00e9ric Prat, entretien avec Cl\u00e9ment Minighetti, in Les cahiers du Mudam #02, 2008, p. 4<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2 Vers 1535, Mus\u00e9e des Beaux-Arts de Dijon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3 Charles Le Brun, \u00ab\u00a0Sentiments sur le discours du m\u00e9rite de la couleur par M. Blanchard\u00a0\u00bb, 9 janvier 1672, in Les Conf\u00e9rences de l&rsquo;Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture au XVIIe si\u00e8cle, dir. Alain M\u00e9rot, Ensba, coll. Beaux-arts histoire, 1996, Paris, p. 221.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4 Roger de Piles, Cours de peinture par principes, \u00e9d. Jacques Estienne, 1708, pp. 318-319.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5 Ces propos sont extraits d\u2019un texte in\u00e9dit \u00e9crit r\u00e9cemment, intitul\u00e9 Pourquoi (pas) \/ Une exposition de tableaux, dans lequel Fr\u00e9d\u00e9ric Prat livre, de mani\u00e8re extr\u00eamement dense, une description de son travail. Je ferai d\u00e9sormais r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce texte en le citant en italique.\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">6 \u00ab\u00a0Le possible est exactement comme le r\u00e9el, il ne lui manque que l\u2019existence\u00a0\u00bb Pierre L\u00e9vy, Qu\u2019est-ce que le virtuel ?, La D\u00e9couverte, coll. Sciences et soci\u00e9t\u00e9, 1995. p. 14.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">7 Jean-Luc Marion, Le Virtuel et le possible, discours prononc\u00e9 lors de la s\u00e9ance publique annuelle des cinq Acad\u00e9mies, octobre 2011, p. 7. \u00ab\u00a0Le possible n\u2019est pas ce qui attend son passage \u00e0 l\u2019effectivit\u00e9, pourvu qu\u2019on fasse encore un effort pour en devenir le producteur ou le r\u00e9volutionnaire, comme s\u2019il ne d\u00e9pendait que de nous de le produire, mais ce qui ouvre un nouvel espace \u00e0 la libert\u00e9 et la sauve de l\u2019illusion mortelle de la toute-puissance\u00a0\u00bb, ibid., p. 8.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">8 F\u00e9lix Gaffiot, Dictionnaire illustr\u00e9 Latin Fran\u00e7ais, Hachette, Paris, 1934, p. 610.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">9 \u00ab\u00a0On aurait tort de ne voir ici qu\u2019une dispute de mots\u00a0: il s\u2019agit de l\u2019existence elle-m\u00eame. Chaque fois que nous posons le probl\u00e8me en termes de possible et de r\u00e9el, nous sommes forc\u00e9s de concevoir l\u2019existence comme un surgissement brut, acte pur, saut qui s\u2019op\u00e8re toujours derri\u00e8re notre dos, soumis \u00e0 la loi du tout ou rien\u00a0\u00bb, Gilles Deleuze, Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition, Puf, coll. \u00c9pim\u00e9th\u00e9e, 1968, p. 273.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">10 Samuel Beckett, Le Monde et le Pantalon, \u00e9d. de Minuit, 1989, p. 42.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fred Gusda &#8211; 2018 \u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 par apprendre le dessin, dire avec un trait, indiquer, transcrire, modifier. 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